En route vers mon premier voilier

J’ai toujours aimé faire de la voile. En fait, j’ai pas mal toujours aimé être sur une embarcation sur l’eau, que ce soit un pédalo, un voilier ou une bateau à rame, et ça explique probablement pourquoi j’ai souvent fait des détours pour être soudainement « obligé » de prendre un traversier.

 

Un intérêt qui remonte loin

Au cours des 30 dernières années, j’ai eu la chance d’essayer plein de choses qui flottent : sabot (voilier de 8 pied), planche à voile, pédalos, catamaran, canot, planches à pagaie (avant que ça existe, en utilisant des planches à voile sans mat), kayak simple et double, dériveurs léger, chaloupes de pêche et yachts.

Et pour ce que je ne conduisais pas moi-même, on pourrait inclure traversiers, bateaux de croisière, bateaux-mouche et pontons.

De la même façon qu’il y a des « cat people » et des « dog people », j’ai une préférence pour les embarcations à voile. Pour l’absence de bruit constant et agressant et des odeurs d’essence et parce que je trouve qu’il y a une beauté et une certaine noblesse à n’utiliser que le vent pour avancer.

Aussi parce que ça demande des connaissances techniques qui m’attirent, comme le besoin de comprendre les principes physiques derrière le mouvement d’un voilier et les phénomènes météorologiques ainsi que les manoeuvres requises pour arriver à bon port (littéralement).

 

Le rêve d’un voilier

Je pense depuis des années à posséder mon propre voilier, mais la vie est tellement remplie qu’il semblait que ce n’était jamais le bon moment. Trop loin d’un plan d’eau, pas de budget, pas le temps, nouvel emploi… tant qu’un rêve n’est pas une priorité, ça ne se réalise pas.

En juin de cet été, après avoir calculé combien coûterait une petite vacance d’une semaine dans la région de Québec avec fiston, je me suis demandé … comment se comparerait l’achat d’un petit voilier. Et c’est là que j’ai découvert que si je demeurais raisonnable dans mes aspirations, et bien le coût était le même!

J’ai recalculé 4-5 fois pour en être certain, puis, j’ai demandé à fiston ce qu’il en pensait. Mon idée initiale, avant même de comparer, était que le voilier était un projet, mais pour 2019, et que d’ici là, je prendrais ce temps pour me préparer. Mais avec ces chiffres, je me suis dit « …et si c’était possible maintenant? »

Fiston pensait que de posséder un bateau semblait plus cool que d’aller faire quelques jours de visite à Québec, donc c’était réglé!

 

Les recherches et préparations

Je mentirais si je disais que je ne m’informe pas ÉNORMÉMENT sur le sujet depuis plusieurs semaines :

  • Je ratisse quotidiennement les annonces dans la section Voiliers de Kijiji / LesPACs dans un rayon de 100-150 km autour de chez moi, et j’ai des alertes automatisées pour les nouveaux ajouts;
  • Je fais maintenant partie de 3 groupes Facebook, et un sur Reddit;
  • J’ai du lire des dizaines de discussions (et toutes leurs réponses) sur différents forums pour amateurs de voile, au Québec, au Canada et aux USA;
  • … sans compter mes différentes lectures sur le web, sur des blogues d’enthousiastes de la voile;
  • … et le visionnement des techniques de matage (« poser un mât ») de différents modèles de voiliers;
  • Hier, fiston et moi sommes allés visiter 3 marinas différentes, poser des questions, comprendre les tarifs, la force des courants et les profondeurs ainsi que le fonctionnement pour les rampes de mise-à-l’eau;
  • Et un peu plus tôt aujourd’hui, je suis allé à la bibliothèque locale chercher des livres sur les dériveurs légers et les techniques de voile;
  • Et tous les sites d’organismes réputées pour les tests et formations sont déjà en « bookmark », si requis.

Tout ça pour dire que je me suis imposé un « crash course » intense dans le domaine de la navigation à la voile et que je suis maintenant beaucoup plus « à jour » dans mes connaissances générales de la voile.

En même temps, je crois qu’une formation des techniques de base avec des professionnels sera probablement un bon investissement du côté des connaissances pratiques.

 

Décisions et conséquences

La première décision à prendre était de savoir quel type de voilier je désirais. Comme pour n’importe quel bien de consommation, c’est très facile de se dire qu’avec une petite différence de prix, on a tellement plus (c’est vrai), et c’est là que tout s’emballe.

Dans le monde des voiliers, la longueur du bateau est souvent une indication du prix d’achat, et des coûts d’entretien. Comme je ne voulais pas d’un multi-coques (catamaran, trimaran), le choix dans les monocoques est en grande partie déterminé par les attributs suivants :

  1. Longueur
  2. Cabine ou pas
  3. Quille rétractable ou fixe

Par exemple, à partir d’une certaine longueur (et poids), il ne sera plus possible de sortir le bateau de l’eau sans l’aide d’une grue, ni de le transporter sans l’utilisation d’un Ber (remorque pour poids lourds) et d’un camion très puissant. Par contre, plus un bateau est long (gros), moins il aura tendance à chavirer.

La présence d’une cabine est intéressante pour faire des voyages de quelques jours et dormir dans son bateau, ou s’y abriter en cas d’intempérie, mais en contrepartie, elle rend souvent les petits voiliers plus faciles à chavirer, et si la cabine se remplit d’eau, très difficile d’empêcher le naufrage.

Finalement, une quille rétractable permet de réduire le tirant d’eau au maximum et parfois même accoster une plage directement. Par contre, une quille fixe offre beaucoup plus de stabilité au bateau, mais limite les endroits où on peut naviguer.

Après avoir :

  • lu sur toutes les marques de bateaux les plus connues dans ces tailles (Mistral, Bombardier, Sandpiper, CL, Tanzer, Siren);
  • considéré mon budget;
  • déterminé mon programme (c’est comme ça qu’on appelle « le type de navigation qu’on anticipe faire » : régates/courses, cruising, multi-jours, lacs vs fleuve vs océan);
  • trouvé que l’été était déjà bien entamé (marinas réservées longtemps d’avance);
  • pensé à ma relative inexpérience de navigation en solo;
  • réfléchi à ma satanée habitude de vouloir garder toutes mes options ouvertes…

Et bien j’ai décidé que pour cette première expérience, je veux :

  1. Contrôler les coûts (une marina coûte environ 2 000 $ / année);
  2. Pouvoir naviguer sur différents plans d’eau;
  3. Revenir au bercail chaque soir (pas besoin d’une cabine).

Et avec ces 2 décisions, mon choix devenait soudainement clair :

Je devais regarder pour un dériveur léger d’une longueur maximale de 17 pieds, à quille rétractable, sans cabine (à moins d’une aubaine). Mon achat devra venir avec la remorque (plus simple, car doit être plaquée/ajustée), et s’il y a un moteur, super, mais pas essentiel.

 

Et maintenant, je fais quoi?

En date d’aujourd’hui, j’ai fait installer sur mon SUV un « hitch » avec filage doté d’une boule de 1 ⅞ », pour pouvoir tirer mon futur achat. Mon véhicule permet de tirer jusqu’à 2 000 lbs, mais il faut inclure dans ce chiffre le bateau, la remorque (environ 300 lbs) et le contenu du bateau (pagaies, moteur + essence, accessoires, etc).

Suite à toutes mes recherches, voici une liste de dériveurs légers qui rencontrent mes critères :

 

MarqueLongueurPoidsNotes
Bombardier 4.816 pieds300 lbs
CL 1616 pieds365 lbs
Holder DS 1717 pieds925 lbsAvec cabine
Mistral 1616 pieds365 lbs
Mistral 16 Cabby16 pieds500 lbsAvec cabine
O’day 1717 pieds565 lbsAvec cabine
Sandpiper 56518 pieds1 200 lbsAvec cabine
Siren 1717 pieds750 lbsAvec cabine
Tanzer 1616 pieds450 lbs
Tanzer 16 Overnighter16 pieds450 lbsAvec cabine

 

Je suis donc présentement à regarder ces modèles de voiliers en vente sur le web, dans les forums et sites de marinas… partout 🙂

Comme le voilier ne devrait pas avoir de moteur, pas besoin de permis de bateau, mais il est possible que je le prenne quand même (c’est bon à vie, on sait jamais). Et pas besoin d’assurances non-plus, considérant le coût de mon achat, qui devrait être de moins de 2 000 $.

Mon choix final n’est pas encore arrêté, je me donne quelques semaines pour trouver la perle rare, mais j’aimerais bien trouver rapidement parce que j’aimerais bien pouvoir en profiter avec le bel été qu’on a, après tout.

Mon but est d’utiliser le voilier pour bâtir mon expérience de navigation, découvrir différents plans d’eau au Québec lors de vacances et week-ends, rencontrer et discuter avec d’autres amateurs et si jamais je devais attraper la piqûre et souffrir de l’allongite, je pourrais toujours regarder pour un plus gros voilier dans 2-3 ans 🙂

À propos de Jean-Francois

Je travaille dans le domaine du web, je suis photographe à mes heures, et bientôt skipper de mon nouveau voilier!

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